quand j’ai commencé à étudier la psychologie du travail je suis restée en fascination par cette entourloupe de Christophe Dejours, qui retourne la question de la pathologie comme un gant, pour faire apparaitre la question des ressources.
Comment font-ils pour tenir, ceux qui tiennent? Y a t-il quelque chose à apprendre d’eux?
Je dis entourloupe, parce que c’est là la production de cet acte magique, de cette intuition fondamentale que nous espérons tous avoir un jour. Comment font-ils pour se lever le matin, y trouver de l’intérêt, passer le temps au travail avec suffisamment de légèreté, et recommencer, encore et encore.
Géniale intuition qui, si l’on n’y prend pas garde, conduit à des modalités d’analyse qui sclérose le propos à peine énoncé: donc, ceux qui y arrivent sont des héros, et les autres des loosers….
Et voilà les ficelles de la ruse effilochées par les tristes sires, les tenants de la pensée positive et de la méthode Coué: « ah ça ira, ça ira, ça ira… »
Pour ne pas se laisser envahir par la panique du tripallium, il suffirait de se répéter le mantra tous les matins, l’air et la chanson, et de se dire qu’il faut avancer pour avancer. Et ne pas (trop) s’écouter.
J’en ai même entendu dire, sur une grande chaine publique que les douloureux chroniques n’avaient qu’à faire du sport…parce que les sportifs se faisant mal exprès, ils étaient moins sensibles à la douleur.
Ah, les supers héros en costumes bleu et slip de bain rouge…