on le voit bien dans la note précédente, la vision de l’inscription du travail dans un rapport à la torture fait mal démarrer les analyses, et les outils qui vont être mobilisés par les chercheurs vont forcément être influencés par cette vision invalidante du travail.
La deuxième option, en matière de représentation de la fonction psychologique du travail consiste à mobiliser une vision nostalgique et bucolique de la fin du moyen-âge, dans un « autrefois » merveilleux des chevaliers et des princesses, de l’émergence de la classe sociale des artisans et petits maitres d’ateliers.
Le travail devient complicité d’apprentis et de compagnons, de franches amitiés viriles, d’une stabilité d’atelier où chacun peut se construire une place, apaisante et sécurisante. L’atelier, à taille humaine permet à chacun de se perfectionner selon ses goûts et sa personnalité.
Fixer le travail dans le contexte de l’atelier impose, au passage, à sortir d’une vision manichéenne qui supporte la plupart des travaux des chercheurs, et de l’ensemble de la société.
Le travail ne peut plus être cristallisé dans le labeur unique du travailleur à la tâche, l’usine, l’entreprise, le salarié posté.
Les cartes commencent à se brouiller, parce que là où l’on imaginait une unité théâtrale d’analyse (le temps, le lieu, l’intrigue) commencent à se dessiner des particularismes: et les paysans? et les voyageurs de commerce? Et les rouliers? et les guerriers?
Parce que si certains construisent l’artisanat émergeant, la plupart vivent dans des rapports sociaux de survie, engageant leur énergie dans une activité aléatoire et toujours remise en cause.
L’atelier symbolise d’abord une corporation qui s’organise pour assurer un mieux-être social à son groupe, agrégeant prudemment ceux qui son prêts à en intérioriser les règles.
L’objet produit devient la preuve de l’existence d’un consensus qui fait vivre le symbole.
le travail échappe encore…