tenir bon

voilà, c’est fini, une page se tourne. Dans ma vie professionnelle, j’ai essuyé 3 réorganisations dans des entreprises du secteur de la formation, toutes ayant pignon sur rue. Toutes les trois ont décidé, à un moment de leur histoire, de céder au vertiges de la modernité managériale.

Et dans les trois cas, le prix à payer est pour les formateurs. Comme pour les ouvriers, comme pour les infirmiers. Les gestionnaires sans imagination ne trouvent-ils donc jamais d’autres solutions? Quelle confusion entre le capital intelligence et l’adaptation aux contingences.

Cette fois-ci, j’ai pris une décision radicale. J’ai refusé les petits aménagements avec l’intégrité du savoir, de la transmission, de la fabrique du professionnel. Je me sais suffisamment exigeante avec moi-même pour refuser de travailler dans un contexte de rabotage progressif.

Pour le dire autrement. Je ne veux plus avoir à discuter des critères de la qualité du travail avec des non-spécialistes de ce travail. Je ne veux plus avoir à échanger de façon stérile, ne pas être entendue, ne pas pouvoir peser sur la décision finale. Je me désengage.

La dispute, la dialectique, c’est quand les protagonistes se mettent d’accord sur un préalable: nous sommes un collectif attelé à la même tâche. Sans ce préalable, la dispute est un vortex, une énergie dirigée vers un seul but, dont la finalité est d’écraser la capacité créative.

Mais j’ai déjà longuement écrit la dessus, il faut avancer.

l’état du monde de la formation

j’ai commencé à donner des cours en 1992.

….

Passé le moment vertigineux, quel bilan de toutes ces années passées?

Tout d’abord, mais ça ça me concerne, je ne m’en sens pas une formatrice expérimentée. Le cours du CNAM commence dans deux semaines, et je me sens encore une fois comme une débutante. Chaque séquence est une nouveauté, je me sens dans le vide sidéral du jeune formateur qui se demande s’il est assez outillé pour faire face à une meute d’apprenants.

Ce qui a changé, en 25 ans, c’est le sentiment que les auditeurs ne viennent pas pour apprendre, mais pour assister à un spectacle. Ils en veulent pour leur argent, sur un mode de renforcement psychoaffectif. Surtout ne pas les mettre en difficulté cognitive.

Et je ne m’adresse pas à des petits jeunes (ou moins jeunes) fragilisés par la vie et par un parcours de formation qui les a laissé plein de colère, non, je m’adresse à des adultes, au moins détenteurs d’une licence, qui sont là pour un parcours à bac +5.

Pour autant, la posture d’apprenant n’a rien a voir avec ce qu’elle a été. Et quand j’écris ça, je ne me sens pas nostalgique du « c’était mieux avant », ou « nous étions mieux formés », non, je parle de la façon dont le monde moderne conditionne le rapport aux apprentissages. Avant, on s’en remettait à un enseignant-formateur dont le rôle était de modéliser un rapport à la recherche d’informations autour d’un fil conducteur dont la solidité avait fait ses preuves. Le foisonnement des informations a toujours existé, les chercheurs ont toujours écrit des articles et des livres. La consistance du travail s’organisait autour de métarecherches capables de rendre compte et de comparer des points de vue disciplinaire.

Arrêtons-nous sur ce terme de disciplinaire, il a un sens utile ici à faire remonter: disciplinaire comme une rigueur, un effort pour baliser, organiser, définir et limiter un champ sémantique et des concepts.

Dans le monde du gai savoir d’aujourd’hui, peu sont ceux qui se donnent pour limite de n’utiliser les mots de dans leur système de référence, leur écosystème. Le zapping mental, c’est l’art de jouer à saute mouton avec les mots, les concepts, les idées, les auteurs. c’est comme ça qu’en sciences humaines et sociales, on se retrouve à faire un tour sur soi-même dans un cadavre exquis d’association d’idées, un consensus mou pour ne pas froisser son interlocuteur. Du mou pour ne pas avoir à débattre. Au temps du like, il ne fait pas bon débattre dans la contradiction. Autant chercher les bouts les moins polémiques, les plus plastiques des concepts pour conserver l’illusion que l’on parle de la même chose.

Dans le monde d’aujourd’hui, chacun peut publier et médiatiser sa pensée, après tout la liberté d’expression est à tous. Dans un temps pas si lointain, l’écriture des idées passait par une validation collective des pairs et des maitres, qui filtraient ce qui était suffisamment abouti pour constituer une pierre à l’édifice. Editer, être édité était suffisamment couteux pour qu’on s’y reprenne à deux fois.

Désormais, en position de formatrice, je suis confrontée à des gens qui ne veulent apprendre que de leur propre opinion, ne pas creuser dans les mines des idées complexes, accepter d’être remis en cause par une pensée rigoureuse. Ta pensée n’est qu’un point de vue qui vaut bien le mien.

Les gestionnaires, les gérants, attendent de nous, les formateurs, que nous nous adaptions. Moins de douleur d’apprendre, plus de facilité. Ce qui signifie, techniquement (je reviens au PPT de la dernière fois), que le savoir doit être exposé, prémaché, facilité.

Voilà ce qui a changé et qui me laisse à nu, de nouveau comme une débutante. Pour moi, être Appreneur (formateur, enseignants… en résonnance avec apprenant) c’est jouer aux devinettes, utiliser les ressources du langage et des formes du raisonnement pour que le sujet, en face, se transforme.

Former au métier de psychologue est un geste de métier, au même plan que le maitre d’apprentissage dans l’artisanat. Je ne forme pas des amateurs, je forme de futurs collègues à s’approprier la posture d’un métier au travers de la façon dont on s’en approprie les connaissances. La forme et le fond vont ensemble. La façon dont l’apprenant se saisit des connaissances dit quelquechose de la façon dont il se saisira du discours de son patient. Une métaphore, un entrainement, une dialogie.

PPT

Ecrire un cours, c’est se situer à un carrefour. Direction 1, la paraphrase, l’encyclopédie, tout embrasser pour ne rien oublier. Et la tentation est grande de céder aux vertus de l’universalisme: disparaitre derrière la connaissance, les maitres, le discours.

Direction 2, se fixer une règle du jeu. Certains appellent ça « problématiser », c’est savant, ça fait riche, et il est bien connu qu’on ne prête qu’aux riches. Dire à l’avance de se dont on va parler, annoncer le menu, comme au restaurant. Il est vrai que quand on donne un cours, on a des clients, devant, qui en veulent pour leur argent.

Préparer un cours, c’est se coltiner avec une vieille question, qui a l’air de revenir, mine de rien: Borromée et son noeud (de famille). C’est penser dans un sens, rétropédaler, pour énoncer dans un tout autre sens: pour expliquer, il faut déconstruire.

Avant, il y a longtemps, je faisais ça les doigts dans le nez, sans me vanter: un thème, une recherche, une pirouette, et hop, un cours.

Et ça c’est mis à moins marcher, et à ne plus marcher du tout. Pourtant, quand je m’y mets, je sais bien que je n’ai pas le choix: ça s’appelle le PPT.

Avant, forte de toutes recherches accumulées, je me présentais face à un groupe et je remontais une chaine associative qui n’avait de vraie que sa consistance ici et maintenant: nous construisions ensemble, par mouvements subjectif, ce qu’il fallait savoir à la fin. J’aimais ça, l’improvisation créatrice, qui entrainait avec elle la pensée du groupe.

Aujourd’hui, la modernité produit de la pensée en boite: des PPT. Et là, je ne sais pas faire: comment faire penser dans un cadre de 7×12, qui ne ressemble à rien, et qui produit un symptôme bien connu, celui de l’accumulateur compulsif: tout mettre, ne rien oublier, décrire.

Où loger la pensée, dans quels interstices? Rajouter des gifs animés? des paysages marins?

Ulysse! Convoque la ruse!

fin d’année

Une année se finie, une autre commence. Tempus fugit. Et moi aussi.

Juin 2010. Après six ans d’efforts, ma vie se recompose autour de la psychologie. Psychologue! Qui aurait pu imaginer que j’en arrive là? Quand il a été le moment de choisir des études, les psychologues me paraissaient inaccessibles, tant dans leur apparence que dans leur parole. Le regard un peu lointain, un peu au-dessus du commun des mortels, et quelle façon d’envisager n’importe quel problème, un peu décalé, un peu éloigné. J’étais la plèbe, la gardienne d’oie, la souillon qui ne méritait pas un regard.

Et pour être à la hauteur, j’ai lu, seule, les grands auteurs que la rumeur intellectuelle faisait parvenir jusqu’à moi: Levi-Strauss, Bourdieu, Freud, Lacan, Foucault, Deleuze, Simone de Beauvoir, Watzlawick… La télé, aussi, source à l’époque d’initiation culturelle.

Et quelques rencontres décisives, Christine Lagabrielle, Michel Allègre, Yves Clot…

Aujourd’hui, j’ai traversé l’écran de la vitre de mes cauchemars: j’étais une mouche contre une vitre, je voyais bien ce qui se passait de l’autre côté, mais impossible de traverser. Et la vitre s’est dissoute, et je suis passée…

Cette année, en formation avec 48 autres psychologues, je me rends compte de tout ce temps perdu. La plupart des psychologues ne sont que des psychotechniciens, plus préoccuper de la validité de leurs outils, oublieux parfois de la plus élémentaire réserve, et non des érudits sensibles, maniant avec prudence des concepts dont l’énonciation modifie le comportement des autres. Quelle désillusion. Heureusement, quelques uns résistent. Je vais résister avec eux.

Ces derniers temps, je me suis détournée de mes études chéries pour n’avoir comme lecture que des erzats à la pensée scientifique.

Pour cette nouvelle année, je m’engage à me remettre au métier: Bakthine, Vygotski, Canguillem…

Et d’écrire, un peu, en mon nom propre.

de la survie au travail

croire que les professionnels de santé sont immunisés contre les problèmes de santé au travail parce qu’ils en ont acquis une connaissance universitaire est une hérésie.

La preuve, les chiffres de la sécu: les médecins sont les premiers impactés par les désordres émotionnels provoqués par la surcharge mentale, et en vivent les dramatiques conséquences.

Pourtant, on sait que « les cordonniers sont les plus mal chaussés », et les professionnels les moins enclins à écouter leurs mouvements intérieurs.

D’autant plus que dans les métiers de la santé, on cultive avec puissance le culte du surhomme, les longues journées de travail au service du malheur des autres, des statuts professionnels plus ou moins précaires selon les métiers, le rôle social du soignant dans la communauté, voire sa fonction de réponse à toute détresse dans le plus bref délai.

Difficile alors d’échapper au déterminisme de l’oubli de soi.

Difficile de ne pas adopter, même dans les situations les plus banales, l’attitude de l’urgentiste, la poussée d’adrénaline, la mobilisation tendue des critères d’analyse, la recherche de diagnostic.

C’est de toute façon une attente générale de la modernité: que tout aille vite, qu’un diagnostic fiable soit fait en trois coups de cuillère à pot, que des solutions (si possibles instrumentées) soient trouvées pour l’immédiat.

en écrivant ces lignes, un diablotin me suggère une idée étrange: il y a des dispositifs, historiquement construits, qui répondent à ces attentes: les oracles, les pythies, les voyants et autres magnétiseurs de symptômes.

Finalement, quand la pensée scientifique aura échouée, par son cadre, sa rigueur, sa lenteur à convaincre de son efficacité, restera le retour à l’intuition des campagnes.

Et les professionnels de santé pourront souffler, un peu.

le réel du travail

pour penser le travail, il faut bien se créer des catégories de penser.

Pour l’ergonomie, deux concepts assez souples soutiennent la théorie: « la réalité du travail », et « le travail réel ». D’un côté, le travail qui est rendu visible par un résultat tangible, de l’autre le cheminement intérieur et les arbitrages que l’opérateur doit faire pour tenir la prescription du travail.

Ces deux concepts sont séduisants, parce que simples et que même un néophyte s’y retrouve. Et il est important que les néophytes s’y retrouvent parce que la science du travail ne vaut que si elle est mise en œuvre par les néophytes, qui sont bien souvent les premiers concernés.

Au passage, la marge de manœuvre est étroite entre pensée sur le travail et conception du travail…

Dans une journée de travail, il y a quelques temps,des ergonomes nous ont expliqués qu’ils savaient, eux ce qu’était le travail réel… Ils avaient en fait circonscrit l’obscure pensée de l’opérateur en pleine action.

Ils ont réussi là où les psychologues échouent depuis des décennies: ouvrir la boite noire, avoir accès au processus de pensée, analyser non les conduites, mais la subjectivité qui soutient la conduite. Ils ont résolu des questions qui ont été posées par des philosophes, des psychanalystes, des psychologues avec prudence.

La subjectivité peut être éclairée par la rationalité de l’adhésion à un protocole d’action.

Une fois de plus, le retour de la tentation taylorienne: si la consigne est claire, si les objectifs sont définis, si l’opérateur est correctement formé, si l’opérateur adhère correctement aux protocoles de sécurité, le travail sera exécuté en bonne et due forme, le réalisé conforme à la prescription, tout ce petit monde produisant des évaluations sans biais…

Quel joli monde! Quel monde joli, dans un monde où la fluidité, la complexité, l’adaptation en continu a pris le pas sur l’obéissance et la congruence…

Pourtant, au moins dans les alentours de mon univers professionnel, l’ergonome, l’ingénieur en normes en tout genre à pris le pas sur d’autres modes d’analyse du travail.

L’ergonome répond à une demande sociale: créer du stable dans un univers de fluidité, et la créer du côté de la maitrise des comportements. Il n’y a pas plus paradoxal que le comportement: on le voit, mais il nous échappe. On le circonscrit, mais il s’enfuit.

On le filme, mais que voit-on?

Évidemment, pour créer du stable, il faut pouvoir éclairer. Et la nature humaine espère comme elle redoute la lumière.

Chers ergonomes, le réel nous échappe toujours. Ce que veut le sujet n’est pas ce qu’il désire.

 

engagement, contribution

Le travail est à l’adulte ce que le jeu est à l’enfant: un lieu de développement.

Le problème est de bien comprendre le concept de développement. une confusion assez banale, et assez bien relayée par les gestionnaires voudrait que le développement soit équivalent à l’engagement. Si c’était vrai, ceci signifierait qu’il serait possible d’orienter l’activité du salarié dans une direction qui serait à la fois épanouissante pour lui et utile pour l’entreprise.

Pas de déperdition d’énergie, tous ensemble vers le même but.

Sauf que, ça ne marche pas tout à fait comme ça.

il y a un écart irréductible entre l’activité (visible dans le développement) et l’activité dirigée investie dans une action contrainte.

L’activité, c’est comme l’eau des torrents en crue: imprévisible, irrépressible. Comme dans le sud est de la France, où l’on a cru qu’on pouvait domestiquer les ruisseaux dans des tubes de béton pour construire des maisons sur les berges.

En apparence, une bonne affaire. Au moindre orage, la nature reprend le dessus Sauvage.

L’activité ne s’oriente vers un but que pour des raisons conjoncturelles. Il est à ce point impossible de faire sans les fondamentaux de la psychologie et de la métapsychologie. Les théories de la motivation tentent de construire un système explicatif qui s’appuie sur des éléments factuels, objectivables. Les théories de la motivation échouent à intégrer l’imprévisible de la nature humaine. Et pour cause: comment mettre au travail des sujets agités par des mouvements internes dont la rationalité ne peut être bornée?

Tous les managers savent ça, avec leurs tripes à eux. Les salariés les mieux disposés échappent au dispositif de contrôle du travail.

Tous les managers qui viennent demander de l’aide demande ça: mais pourquoi donc se conduisent-ils comme ça? Comment faire pour les tenir au travail? Comment faire pour les maintenir à la tâche prescrite?

C’est à cette question que je m’emploie à donner du sens.

 

comment font-ils?

quand j’ai commencé à étudier la psychologie du travail je suis restée en fascination par cette entourloupe de Christophe Dejours, qui retourne la question de la pathologie comme un gant, pour faire apparaitre la question des ressources.

Comment font-ils pour tenir, ceux qui tiennent? Y a t-il quelque chose à apprendre d’eux?

Je dis entourloupe, parce que c’est là la production de cet acte magique, de cette intuition fondamentale que nous espérons tous avoir un jour. Comment font-ils pour se lever le matin, y trouver de l’intérêt, passer le temps au travail avec suffisamment de légèreté, et recommencer, encore et encore.

Géniale intuition qui, si l’on n’y prend pas garde, conduit à des modalités d’analyse qui sclérose le propos à peine énoncé: donc, ceux qui y arrivent sont des héros, et les autres des loosers….

Et voilà les ficelles de la ruse effilochées par les tristes sires, les tenants de la pensée positive et de la méthode Coué: « ah ça ira, ça ira, ça ira… »

Pour ne pas se laisser envahir par la panique du tripallium, il suffirait de se répéter le mantra tous les matins, l’air et la chanson, et de se dire qu’il faut avancer pour avancer. Et ne pas (trop) s’écouter.

J’en ai même entendu dire, sur une grande chaine publique que les douloureux chroniques n’avaient qu’à faire du sport…parce que les sportifs se faisant mal exprès, ils étaient moins sensibles à la douleur.

Ah, les supers héros en costumes bleu et slip de bain rouge…

le travail, c’est l’effort du travail

en quoi consiste donc le travail?

Dans un effort. Celui de le faire. de faire l’effort de s’astreindre à faire les tâches qui nous permettent d’assurer notre subsistance.

de supporter la routine. de supporter l’ennui. de trouver des palliatifs à la routine et l’ennui.

Sans devenir fou, ni violent, ni désespéré.

C’est à dire de se contraindre, et de pouvoir l’assumer.

C’est ça le tripallium. L’engin que nous nous attachons volontairement autour de la taille.

Pour aujourd’hui, restons-en là. mesurons l’énergie, l’effort, le désespoir, l’engagement qui nous lie avec cette métaphore mécanique.

 

interlude: perversion

je participais, ces jours-ci, à un fil de discussion sur un forum professionnel.

La discussion, fort intéressante, portait sur la question des personnalités perverses au travail.

Alors que nous discutions d’éléments techniques, un contributeur nous a interpelé sur « l’attaque perverse » d’un salarié envers un autre, en généralisant de « l’attaque » au »trait pervers », à la « personnalité perverse ».

La perversion fait et fera toujours couler beaucoup d’encre et de larmes.

Il serait si facile et agréable de désigner dans le monde des gentils et des méchants, des pervers et des victimes, des salauds et des innocents.

Depuis Hannah Arendt, nous ne pouvons plus faire semblant d’ignorer cette vérité (que Freud avait déjà énoncé, mais bon, il a fallu l’horreur de la guerre moderne pour que le message passe enfin), que nous sommes tous des pervers au petit pied, par action ou omission.

Dans l’entreprise comme partout ailleurs.

Ce qui a peut-être changé, c’est que nous attendons tellement de l’entreprise qu’elle fonde un espace d’épanouissement de la personnalité qu’il nous est devenu insupportable de devoir accepter des rapports sociaux ordinaires ailleurs.

La culture du portefeuille individuel de compétences et de la clairvoyance dans l’évolution de la carrière a en ce sens renforcé l’idée d’un angélisme développemental que rien ne doit contrarier.

Sauf que ça ne marche pas comme ça et que les organisations de travail sont traversées par la même puissance du Désir pour soi au travers des autres.

Que certains y laissent des plumes, cela va sans dire.

Mais ils auront des occasions de se rattraper, les premiers ne seront pas les derniers.