Un économiste a déclaré sur France culture, où il était invité à commenter les récents événements en France, que les gilets jaunes représentaient cette France de la classe ouvrière, qui s’était échappée de la classe ouvrière grâce à la prospérité, qui avait accédé à la propriété, voire au petit patronat, et qui se voyait reléguée, déclassée.
Ce qu’on a donné d’une main est repris de l’autre. (L’accession à la propriété de maisons en carton pâte dans des quartiers où suinte le mimétisme américain, ersatz de grandeur factice payé double grâce à l’illusion de l’achat à crédit). Et pour entretenir le rêve, la nuque baissée des cadences infernales et du ravalement de la dignité, jusqu’à l’épuisement.
Comme quoi, Bourdieu avait raison, n’en déplaise à certains.
Les gilets jaunes, c’est le Tiers Etat. Les serfs. Ceux que la noblesse (il y a toujours des quartiers de noblesse en France) et de la grande bourgeoisie cherche immanquablement à dissimuler dans les coursives, les gardes-mangers, les fermes et les métayeries.
Ce qui nous revient en boomerang, c’est que finalement, 230 ans après la Révolution, rien n’a vraiment changé. La France, distribue toujours inéquitablement richesse et pouvoir. Et dresse les uns contre les autres les petits, les industrieux, les fonctionnaires…
Quelle honte de voir CRS et policiers se dresser contre leurs frères.
Quelle honte de voir les âmes damnées casser des vitrines et du mobilier urbain pour discréditer leurs frères.
il y a quelque chose de pourri au royaume de France.