je participais, ces jours-ci, à un fil de discussion sur un forum professionnel.
La discussion, fort intéressante, portait sur la question des personnalités perverses au travail.
Alors que nous discutions d’éléments techniques, un contributeur nous a interpelé sur « l’attaque perverse » d’un salarié envers un autre, en généralisant de « l’attaque » au »trait pervers », à la « personnalité perverse ».
La perversion fait et fera toujours couler beaucoup d’encre et de larmes.
Il serait si facile et agréable de désigner dans le monde des gentils et des méchants, des pervers et des victimes, des salauds et des innocents.
Depuis Hannah Arendt, nous ne pouvons plus faire semblant d’ignorer cette vérité (que Freud avait déjà énoncé, mais bon, il a fallu l’horreur de la guerre moderne pour que le message passe enfin), que nous sommes tous des pervers au petit pied, par action ou omission.
Dans l’entreprise comme partout ailleurs.
Ce qui a peut-être changé, c’est que nous attendons tellement de l’entreprise qu’elle fonde un espace d’épanouissement de la personnalité qu’il nous est devenu insupportable de devoir accepter des rapports sociaux ordinaires ailleurs.
La culture du portefeuille individuel de compétences et de la clairvoyance dans l’évolution de la carrière a en ce sens renforcé l’idée d’un angélisme développemental que rien ne doit contrarier.
Sauf que ça ne marche pas comme ça et que les organisations de travail sont traversées par la même puissance du Désir pour soi au travers des autres.
Que certains y laissent des plumes, cela va sans dire.
Mais ils auront des occasions de se rattraper, les premiers ne seront pas les derniers.