où plutôt, n’est jamais ce qu’on croit qu’il est.
Dominique Méda nous avait dit que le travail était fini. Vive les vacances!
Sauf que non, le travail ce n’est pas ça.
C’est ça aussi, bien sur, comme dans le dicton, le travail fait vivre. Le travail n’est, dans un premier temps que la somme des actions qui nous permettent de produire un revenu. Ah, le bon vieux temps des travaux des champs où l’action de l’effort musculaire se voyait directement dans l’assiette….
Donc, le travail serait le produit visible de l’effort musculaire.
Et nous voilà arqueboutés à la nostalgie paysanne et ouvrière du travail.
Dans un deuxième temps notre histoire sociale est traversée pas l’invention des corporations artisanales qui ont inventé le métier et la belle ouvrage.
Le travail devient une valeur, un effort de perfection, la hiérarchie s’organise autour des artisans qui savent produire des objets parfaits.
Effort, perfection, le travail porte atteinte à la construction identitaire: je suis ce que je fais. Ma production est une fenêtre de mon âme. je suis parfait parce que je produis des objets parfaits.
Une société d’ingénieux à défaut d’une société de génies.
Pas de défaut, pas d’erreur, pas de tâtonnement, pas de surprise, pas d’aspérité.
Le beau geste devient le signe d’une belle personne. L’expérience fait l’évolution de la personne. Quand tu seras vieux, tu seras un virtuose.
Notre vocabulaire se charge de fixer la règle. Quand donc l’erreur est-elle devenue la faute? Quand donc a-t-il fallu intérioriser l’effort (ne pas compter sur ses doigts, c’est masquer l’effort de la complexité du dénombrement) pour plaire au maitre? Pour les danseurs, le sourire est la trace ultime de la maitrise technique.
Arrêtons-nous là pour aujourd’hui: le travail, c’est d’abord l’effort pour imposer au corps la négation de l’effort. Le bon travailleur c’est d’abord celui qui travaille à donner de lui-même une image de sérénité par l’annulation de l’effort.
Une autre valeur, donc: la compétence.